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27/03/2008

Ehrlich gesagt


Mardi après-midi, à Prenzlauerberg, le soleil brille. Mercredi matin, à Potsdam, les flocons de neige s'allient au vent glacial. Mon moral est comme le temps berlinois de ce mois de mars : en dents de scie.


Les perspectives de travail et donc d'argent paraissent toujours nombreuses, aucune ne donne finalement grand chose. J'ai envie d'être occupée, j'ai aussi envie de déménager. Je voudrais participer pleinement, ne plus me sentir en transition entre passage et installation. Sept mois après mon arrivée, tout reste encore à faire, une facon de vivre à imaginer.


Je voudrais une terrasse au soleil et une grande maison pleine de monde, je voudrais des projets et des idées. Berlin me donne envie de lire, d'apprendre, de découvrir encore. Et d'écrire.


A quand le printemps et l'éclosion?

01/03/2008

Allo, allo, Berlin?


La ville se dérobe...ou c'est moi qui ne lui prête plus attention ? C'est peut-être simplement le mois de février qui semble s'éterniser en cette année bisextile, entre jours de pluie et grand soleil par cinq degrés. Je ne suis pas la seule à fatiguer. A Kottbusser Tor, ça pue, et il y a toujours trop de monde sur l'Alexanderplatz. J'ai moins envie de faire des photos, et je lis dans le métro, au lieu de regarder par la fenêtre un chemin que je connais par coeur depuis longtemps mais au paysage duquel j'ai été fidèle depuis mon arrivée. Et l'exaltation berlinoise, alors? Toujours là, il faut juste penser à lever les yeux dans la rue, ne pas avoir l'impression d'être "habituée". Retrouver ces moments où je suis juste heureuse d'être arrivée jusqu'ici.

C'est à peu près la seule chose dont je suis certaine en ce moment, que cette sensation-là va durer, ou revenir, avec une nouvelle force, sous une autre forme. Je n'ai encore rien vu. Et c'est le seul bilan que j'ai envie de faire après 6 mois -jour pour jour- passés à Berlin.

07/02/2008

17 h 10


Il ne fait plus nuit à 17h10. Je n'ai pas eu mon hiver. Alors maintenant j'attends le printemps.

07/01/2008

Paroles et musique

Pour bien commencer 2008, et parce que mon oreille commence à être habituée, je me lance à la découverte de la musique allemande... je ne m'y suis pas vraiment intéressée jusqu'à présent parce que je dois dire que j'avais exactement les mêmes préjugés que tout le monde, l'allemand ne paraissant pas être la langue la plus facile à faire sonner. Déjà que je n'écoute presque que des chansons anglophones pour cette même raison sûrement que l'anglais "collera" toujours plus à la mélodie... Ajoutons à ca le souvenir de fabuleux groupes qui ont durablement exporté une image assez pénible du rock allemand (Scorpions, je pense que ca suffira).

Mais quatre mois ont passé, je commence à parler un peu plus "flüssig", et surtout l'allemand qu'on me parle me semble nettement moins heurté à mesure que je peux suivre ce qu'on me dit, pour finir par paraître doux et fluide...

Première incursion du côté de Tocotronic, groupe pop-rock originaire de Hambourg.

Convaincus?

20/11/2007

Gropiusstadt sous la neige


La première fois que je suis venue à Berlin, en 2nde, j'ai réclamé une escale à Gropiusstadt.
A cause de Christiane F. On a du me répondre que ce n'était pas franchement un lieu touristique.
Et en arrivant ici, j'ai relu le livre (Wir Kinder vom Bahnhof Zoo en V.O, légèrement moins racoleur que "13 ans, droguée, prostituée" en français) et vu qu'avant Gropiusstadt, Christiane F. avait habité Paul-Linke Ufer, c'est-à-dire à deux pas de chez moi.
C'était donc le moment de faire le chemin inverse.

A Gropiusstadt, dans le quartier de Neukölln, un vendredi matin, il neige. Les cafés sont déserts et les gens pressés.
C'est une cité dortoir en béton comme une autre.
Sur les plans des années 50, ce devait être la cité idéale de Walter Gropius et du Bauhaus. Un rêve d'urbaniste.

C'est vrai que ce n'est pas "touristique". Il n'y a rien à voir, rien d'autre que des immeubles en béton, des parkings, des espaces verts gris, des formes géométriques et des lignes. Les cabines téléphoniques sont intactes, les allées sont bien propres, les murs moins tagués que partout ailleurs à Berlin. Les banlieues françaises doivent être envieuses.

La "Maison du milieu", le centre socio-culturel qui a du fermer quand Christiane F. et ses voisins en ont fait leur petite "scène" (de la drogue), est encore là.
Gropiusstad a une mauvaise image à Berlin, comme Neukölln en général. Pourtant ça n'a pas l'air pire qu'ailleurs. Juste plus triste.

14/11/2007

Mauerpark

Debora a eu de la chance, elle est venue me voir ici au moment même où l'hiver débarquait pour de bon. Avec de la grêle mais aussi de la vraie neige. Autant dire que le lendemain, c'était le jour idéal pour aller faire un tour aux puces du Mauerpark, à Prenzlauerberg. Les pieds dans la boue, et le vent glacial qui s'engouffre sous l'écharpe. La bruine en prime. On peut toujours faire comme si les tentes tenaient chaud. Ou alors tester la veste en belette (naturelle, of course).
Je me suis bien concentrée pour cacher mon accent français, histoire de pouvoir négocier les prix sans passer pour une touriste (que je ne suis pas!)...et j'ai acheté mon premier ami allemand : Wolfgang.

27/10/2007

@ Supamolly

Une très belle salle, rouge, moulures peintes au plafond, balcons ouvragés.
Un très bon groupe : Rhythm King and her friends, mené par deux franco-allemandes et une batteuse impressionnante qui méritent bien leur nom.
Un autre un peu moins classe (Scream Club) ambiance : on braille dans notre micro (par dessus notre boîte à rythme), on vous aime à la folie, et d'ailleurs si toutes les filles pouvaient devenir lesbiennes, le monde serait meilleur (moui...).
Une soirée typisch d'ici, quoi.

Rhythm King... c'est

Le SupaMolly organise aussi, une fois par mois, des soirées d'impro théâtrale (appelées "Gala"). J'ai bien ri à la première que j'ai vue (la caricature du Berlinois de l'Est, je vous laisse imaginer combien les gens d'ici étaient pliés), je vous raconte la suivante...

16/10/2007

le cimetière d'une ville


Parce que le Teufelsberg est une montagne artificielle. Parce que c'est le résultat visible de 2 ans de destructions, entre 1943 et 1945, le résidu d'environ 400 000 bâtiments, une masse immense de briques et de gravats. Parce que sous nos pieds il y a les vestiges d'un institut de défense érigé par Hitler, que le recouvrir était plus simple que le détruire, et que c'est toujours là. Parce que la NSA américaine y a installé dans les années 60 une de ses stations, et que le Teufelsberg a espionné l'Allemagne de l'Est via le réseau Echelon durant presque 30 ans. Parce que les anciens radars sont toujours là, avec leurs dômes en toile de parachute pour ne pas entraver les signaux.
Mais surtout parce que, à l'intérieur du radar le plus haut, protégés seulement par cette toile maintenant pleine de trous, on peut jouer avec son écho comme des gamins. Que ça donnerait presque envie d'y organiser un mini-concert de rock qui ferait trembler tout ça. Qu'on peut toujours essayer de passer la toile et de vaincre sa peur du vide, marcher sur les terrasses qui bordent le dôme, ne pas faire attention aux grincements ni aux endroits où il n'y a pas de rembarde. Qu'on pourrait passer des heures à explorer les sous-sols, à regarder les vieux tuyaux et les incinérateurs, à grimper des escaliers dans le noir, à faire un peu attention à ne pas tomber dans des trappes.
Et parce qu'une fois au sommet de la Teufelsberg, on ne verra nulle part ailleurs Berlin d'aussi haut.
Enjoy. Il fait beau.


(et pour d'autres photos, c'est par )

10/10/2007

dolce vita à la berlinoise


Un après-midi ensoleillé : les poussettes sont de sortie, les jeunes papas portent leurs enfants en bandoulière (sans renier leur branchitude absolue), les terrasses sont prises d'assaut, les parcs aussi. Un samedi ordinaire de fin de semaine...sauf qu'aujourd'hui c'est mardi, et qu'il est 15h. Les petits-déjeuners seront servis pendant deux bonnes heures encore, dans la Oranienstrasse les gens émergent tout juste. De l'autre côté, le marché turc bat son plein, le Kottbusserdamm est plein à craquer, pas seulement de Turcs, loin de là : c'est l'un des marchés les plus courus de Berlin, celui où on peut trouver les plus beaux fruits et légumes.
Revenons-en aux bars et aux cafés : un mardi à 15h, à Paris, ils sont déserts, quelques étudiants peut-être, des piliers de bar sans doute, mais c'est tout. Ici, on a parfois l'impression que personne ne travaille quand on se promène l'après-midi. Et pour cause : il y a énormément de jeunes qui vivotent à Berlin (dont moi, en ce moment...) : des artistes ou assimilés, des étudiants qui se sont perdus sur le chemin de la fac, des "alternatifs", des quasi-marginaux. Oui, c'est possible de vivre à Berlin avec un minimum, de vivre et même pas seulement de survivre, de vivre et de sortir, aussi. (petit rappel : 1,50 euros la Tasse Kaffee en moyenne, 2euros la pinte de bière...pour ce prix-là, passer 2h attablé n'est pas un problème, personne ne vous chassera parce que vous ne commandez pas quelque chose toutes les demi-heures, pour preuve la très fréquente présence de la presse et de magazines dans les cafés).

Et les autres? Des gens qui sont coincés dans leur bureau de 8h à 17h, il y en a beaucoup...mais il n'empêche qu'une rue berlinoise en plein après-midi donne une agréable impression de douceur de vivre.

30/09/2007

un dimanche matin Alexanderplatz

Sortie de la bouche de métro : l'impression d'être à Moscou. Place immense, presque vide. Fontaine en métal, immeubles gris, dalles blanches qui éblouissent. Fresques délavés sur les murs, bâches pour cacher les chantiers (partout). Pubs immenses, boîte over branchée sur les toits. Tour de télévision dans les nuages. Gare où se rejoignent presque toutes les lignes de U-Bahn. Hôtels business et touristes sans cafés chaleureux. Lieu de passage.
Ce matin, brouillard + crachin. Cette fois-ci, je m'attarde. Et j'adore "Alex". J'adore cette place et je ne saurais pas expliquer pourquoi, un peu comme je me demande bien pour quelles raisons j'aime les murs en ruine, les friches industrielles et les terrains vagues.
Allez l'an prochain, je m'installe en Russie. Des volontaires pour le déménagement??

d'autres photos ici

09/09/2007

illustrative berlin 2007


après une semaine d'acclimatation, pour ne pas dire d'hibernation, je me suis décidée à mettre (vraiment) le nez dehors aujourd'hui.
1ère expo berlinoise donc...
alors c'est comment?
surprenant : j'avais repéré cette expo, présentée comme le "forum international de l'illustration contemporaine" sur une plaquette de la ville de Berlin, éditée à l'occasion du 30ème anniversaire de l'amitié franco-berlinoise. je m'attendais donc à un truc immense et un peu guindé, du genre expo à Beaubourg (avec ses files d'attente).
et en fait? j'arrive devant une petite église, sur les marches des gens mangent dans des assiettes en plastique. bon... je pousse la porte de l'église, mais non c'est une messe (et désolée pour le dérangement).
dans une petite allée du jardin de l'église, je repère enfin le panneau "illustrative 2007".
ça n'a rien d'"officiel", c'est jeune et assez branché. le bâtiment est génial, avec de vieux escaliers en colimaçon et des moulures au plafond un peu écaillées. j'aime.
à l'intérieur : quelques illustrations, donc, un peu attendues, comme des collages années 50 mixés avec des pubs modernes, ou des montages photos pseudo rock.
mais aussi des choses très intéressantes (dès qu'on s'éloigne un peu du côté alternatif forcé) et vraiment très belles (des silhouettes délicates découpées dans du papier calque colées sur des plans à la Léonard de Vinci), et aussi une surprise...
je m'approche d'un panneau explicatif et là un mot me saute aux yeux : "Pont-à-Mousson". Frédéric Coché, donc, jeune artiste berlinois, né à Pont-à-Mousson...et je me suis rappelé une présentation de sa première "BD", sans bulles mais avec des légendes en latin, à la Médiathèque de Pont il y a quelques années...
et j'ai eu un coup de foudre pour les dessins de Mone Maurer. pour voir à quoi ça ressemble, c'est ici .
Illustrative 2007 à Paris du 29 novembre au 9 décembre 2007.