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01/03/2008

Allo, allo, Berlin?


La ville se dérobe...ou c'est moi qui ne lui prête plus attention ? C'est peut-être simplement le mois de février qui semble s'éterniser en cette année bisextile, entre jours de pluie et grand soleil par cinq degrés. Je ne suis pas la seule à fatiguer. A Kottbusser Tor, ça pue, et il y a toujours trop de monde sur l'Alexanderplatz. J'ai moins envie de faire des photos, et je lis dans le métro, au lieu de regarder par la fenêtre un chemin que je connais par coeur depuis longtemps mais au paysage duquel j'ai été fidèle depuis mon arrivée. Et l'exaltation berlinoise, alors? Toujours là, il faut juste penser à lever les yeux dans la rue, ne pas avoir l'impression d'être "habituée". Retrouver ces moments où je suis juste heureuse d'être arrivée jusqu'ici.

C'est à peu près la seule chose dont je suis certaine en ce moment, que cette sensation-là va durer, ou revenir, avec une nouvelle force, sous une autre forme. Je n'ai encore rien vu. Et c'est le seul bilan que j'ai envie de faire après 6 mois -jour pour jour- passés à Berlin.

16/10/2007

le cimetière d'une ville


Parce que le Teufelsberg est une montagne artificielle. Parce que c'est le résultat visible de 2 ans de destructions, entre 1943 et 1945, le résidu d'environ 400 000 bâtiments, une masse immense de briques et de gravats. Parce que sous nos pieds il y a les vestiges d'un institut de défense érigé par Hitler, que le recouvrir était plus simple que le détruire, et que c'est toujours là. Parce que la NSA américaine y a installé dans les années 60 une de ses stations, et que le Teufelsberg a espionné l'Allemagne de l'Est via le réseau Echelon durant presque 30 ans. Parce que les anciens radars sont toujours là, avec leurs dômes en toile de parachute pour ne pas entraver les signaux.
Mais surtout parce que, à l'intérieur du radar le plus haut, protégés seulement par cette toile maintenant pleine de trous, on peut jouer avec son écho comme des gamins. Que ça donnerait presque envie d'y organiser un mini-concert de rock qui ferait trembler tout ça. Qu'on peut toujours essayer de passer la toile et de vaincre sa peur du vide, marcher sur les terrasses qui bordent le dôme, ne pas faire attention aux grincements ni aux endroits où il n'y a pas de rembarde. Qu'on pourrait passer des heures à explorer les sous-sols, à regarder les vieux tuyaux et les incinérateurs, à grimper des escaliers dans le noir, à faire un peu attention à ne pas tomber dans des trappes.
Et parce qu'une fois au sommet de la Teufelsberg, on ne verra nulle part ailleurs Berlin d'aussi haut.
Enjoy. Il fait beau.


(et pour d'autres photos, c'est par )

30/09/2007

un dimanche matin Alexanderplatz

Sortie de la bouche de métro : l'impression d'être à Moscou. Place immense, presque vide. Fontaine en métal, immeubles gris, dalles blanches qui éblouissent. Fresques délavés sur les murs, bâches pour cacher les chantiers (partout). Pubs immenses, boîte over branchée sur les toits. Tour de télévision dans les nuages. Gare où se rejoignent presque toutes les lignes de U-Bahn. Hôtels business et touristes sans cafés chaleureux. Lieu de passage.
Ce matin, brouillard + crachin. Cette fois-ci, je m'attarde. Et j'adore "Alex". J'adore cette place et je ne saurais pas expliquer pourquoi, un peu comme je me demande bien pour quelles raisons j'aime les murs en ruine, les friches industrielles et les terrains vagues.
Allez l'an prochain, je m'installe en Russie. Des volontaires pour le déménagement??

d'autres photos ici