07/02/2008

17 h 10


Il ne fait plus nuit à 17h10. Je n'ai pas eu mon hiver. Alors maintenant j'attends le printemps.

05/02/2008

Ce qui me manque


Sincèrement, j'y croyais. Et ce matin c'est cette pensée qui m'a tirée du lit. Hélas, un constat s'impose : la Butterbrioche, pourtant estampillée "original französisch", même avec un petit drapeau sur l'emballage, ce n'est pas de la brioche. Du pain de mie sucré, à la rigueur. La prochaine fois, direction les galeries Lafayette berlinoises pour acheter de la vraie brioche à 6 euros le paquet? (hum, quand j'aurai trouvé du travail?)

Pour l'instant, j'ajoute la brioche "française" à la liste des choses qui me manquent ici :
- le blé type Ebly pour faire des supers salades feta-tomate-concombre
- le fromage! oui, oui, il y en a et même au supermarché au coin de chez moi mais pour le prix d'un mini morceau de comté je peux acheter un livre de poche (4,50 euros?)
- des pâtes all dente ou au moins qui ne craquent pas sous la dent - j'ai fini par comprendre qu'il ne servait à rien de les laisser bouillir 15 minutes, rien n'y fait...c'est un mystère...
- la tisane réglisse-menthe (les Allemands semblent préférer les Früchtetee en tout genre, type cassis-fraise-abricot)
- la soupe en brique (jamais trouvée)
- les croûtons pour la soupe (idem)
- les paquets de gateaux -rien à voir avec les rayons francais, ici le choix se limite à 3 ou 4 sortes
- les vraies baguettes de pain, même si c'est cliché
- le sel autrement qu'en paquet en carton (j'en suis à ma troisième boîte renversée)
- les yahourts autre que les maxi pots aux fruits...


Et un peu moins futile : la presse! Même si on peut trouver le Monde presque partout (grande différence entre le marchand de journaux de Kreuzberg qui le fait payer au prix français et les boutiques du métro Alexanderplatz qui le vendent à 2 euros...), pour Libé ça devient déjà plus difficile, ne parlons même pas des magazines (Elle : 4,20euros, Le Nouvel Obs : 4,70).

26/01/2008

Berlin vu par Kits Hilaire

"Berlin, dernière" c'est Berlin vu par les yeux d'une jeune Française qui s'y installe en 1987, écoeurée par la campagne où elle vit, par le vert, la nature. "La première fois que j'ai vu Berlin, de jour, j'ai cru me trouver transportée dans le Bronx, à la télévision. De grandes rues larges, des immeubles lépreux comme disent les reportages, gris, sales, marron, détruits. La fin du monde, Kreuzberg".

L'histoire de Kits Hilaire c'est l'histoire de Kreuzberg, de ce quartier de l'Ouest collé au Mur, presque une enclave à l'Est. Kreuzberg : "quartier de taudis branlants réservés aux travailleurs turcs invités, comme dit si joliment la langue allemande, invités à rester là, à l'écart, collés au mur (...) quartier oublié, périphérique (...) quartier récupéré par des centaines d'anges venus fêter la fin du monde, danser sur les restes de ce monde". Kreuzberg, quartier des immigrés, quartier des pauvres, des marginaux surtout. Kreuzberg des punks, des associaux, des "anges", venus se perdre dans le gris, dans la crasse, dans le néant, dans le chaos "terrible et merveilleux" d'un Berlin âpre, au "romantisme exacerbé".

Berlin qui attire et rejette. "A 14 ans, raconte Kits Hilaire, Berlin représentait le modèle de toute choses. L'endroit rêvé. Cassé dedans, bétonné autour, entouré d'un mur couvert de barbelés.". Berlin, ville-adolescence. "Kreuzberg à 15 ans. Le rêve et le cauchemar enfin devenus vrais". Une ville, où à l'ombre du Mur, on peut s'abriter, se cacher, s'enfouir, où les "anges" rêvent de "bétonner Kreuzberg" en construisant un deuxième mur. Le dehors n'est qu'un mot, le hors-Mur n'existe pas, l'hors-Kreuzberg s'efface. Alors on étouffe : "La ville me rejette, je le sens, elle me vomit. La ville est trop dure avec moi." Un an, c'est le temps qu'il faut, "après on ne repart pas", un an pour s'habituer, pour que Berlin s'habitue. "On veut s'enfuir, on a des rêves d'horizon, c'est normal, naturel. Il est difficile d'oublier le naturel. Dépasser la nature, passer à autre chose". Schikse vit au milieu de dizaines d'écrans de télévision "réglés sur la neige", Andy passe ses journées chez lui, volets clos.

Adalbert Strasse, la rue de Kits Hilaire, où passait le Mur


Kreuzberg, un Berlin en pire ou en mieux. Un Berlin plus radical, plus dur encore. Le quartier bouclé lors de la visite de Reagan, les émeutes du 1er mai 1987. Protégé par le Mur. "Dehors, le monde, ses lois, ses mensonges. Dehors, le blanc, la face éteinte. Je veux rester à l'intérieur, du côté caché, à l'ombre du Mur." On finit par oublier qu'il existe autre chose. "On finit par croire notre normalité à nous universelle." La chute du Mur signifie la fin d'un monde, la fin du monde de Kits Hilaire, la fin d'un certain quartier. A la curiosité hébétée des citoyens de l'Est, venus "voir de leur yeux, si c'était vrai, s'ils pouvaient vraiment sortir et rentrer, juste voir de l'autre côté", se heurte la stupéfaction des habitants de Kreuzberg. "Il fallait y aller. Voir. Assister à ça, quelle que soit la douleur". Kreuzberg contre les"casseurs de Mur", contre les casseurs de rêve, contre les casseurs de cauchemar. Kreuzberg envahi, par les "touristes est-allemands" qui regardent avec de grands yeux la faune bigarrée du quartier.
Alors pour Kits Hilaire, pour ceux qui restent encore, il faut partir. Ou reconstruire Kreuzberg ailleurs, "sous dôme, entouré d'un mur".

Ou monter un circuit touristique : "des autochtones simuleront une attaque de bus en règle, avec cocktails Molotov et lancement de pavés, des barricades, une mise à sac de magasins à laquelle le touriste pourra participer, quelques danses primitives punks, une voiture renversée". La fuite ou le folklore. La "normalité" qui déferle à Kreuzberg fait de ses habitants des marginaux, la minorité. "Presque comme ailleurs". Mais fuir n'est pas possible, quitter Berlin n'est plus possible. Certains partent, finissent toujours par revenir. D'autres ne supporteront pas que le Mur ouvre leur petit monde sur l'extérieur.

"La fin du Mur. La destruction de Kreuzberg; le passage obligatoire à l'âge adulte" conclut Kits Hilaire. La fin d'un monde violent mais protégé, la fin d'un quartier ravagé qui étouffe autant qu'il libère, la fin d'un certain romantisme noir la fin d'un certain Berlin.

07/01/2008

Paroles et musique

Pour bien commencer 2008, et parce que mon oreille commence à être habituée, je me lance à la découverte de la musique allemande... je ne m'y suis pas vraiment intéressée jusqu'à présent parce que je dois dire que j'avais exactement les mêmes préjugés que tout le monde, l'allemand ne paraissant pas être la langue la plus facile à faire sonner. Déjà que je n'écoute presque que des chansons anglophones pour cette même raison sûrement que l'anglais "collera" toujours plus à la mélodie... Ajoutons à ca le souvenir de fabuleux groupes qui ont durablement exporté une image assez pénible du rock allemand (Scorpions, je pense que ca suffira).

Mais quatre mois ont passé, je commence à parler un peu plus "flüssig", et surtout l'allemand qu'on me parle me semble nettement moins heurté à mesure que je peux suivre ce qu'on me dit, pour finir par paraître doux et fluide...

Première incursion du côté de Tocotronic, groupe pop-rock originaire de Hambourg.

Convaincus?

10/12/2007

Just waiting

J'attends la neige et le froid.
J'attends d'avoir de nouveau un ordinateur en état de marche.
J'attends de pouvoir poster des photos.
J'attends d'avoir les moyens techniques d'écrire de nouveaux articles pour le journal.
J'attends le Weihnnachten Stimmung dans les rues et le vin chaud.
J'attends janvier pour me décider sur la marche "à suivre" quant à mon avenir à Berlin.
J'attends de partir deux semaines pour y voir plus clair quand je reviendrai.

A bientôt.